Un client m'a envoyé un jour un export Search Console en me disant : "Google Images me rapporte 4 visiteurs par mois, j'arrête le SEO image." J'ai ouvert son dossier d'images. Sur 312 fichiers, 298 s'appelaient encore IMG_2024, DSC_0087 ou photo-produit-final-VRAI-v2.jpg. Google ne devinait rien. Il ne pouvait rien deviner.
Le nommage des images, c'est le sujet que tout le monde saute parce qu'il paraît trop simple. Sauf que c'est précisément le seul signal que vous contrôlez à 100 %, avant même que la page soit lue, avant même que la balise alt soit interprétée. Et quand on le fait bien, le trafic Images grimpe. Chez ce même client, trois mois après un renommage correct de ses 312 fichiers, on est passés de 4 à 380 visites mensuelles issues de la recherche d'images. Pas de miracle, juste du texte placé au bon endroit.
Points clés à retenir
- Un nom de fichier se lit comme un mot-clé : minuscules, tirets, sans accents.
- Le nom du fichier et la balise alt ne disent pas la même chose : l'un décrit le fichier, l'autre décrit ce qu'on voit.
- Les underscores ne séparent pas les mots aux yeux de Google — les tirets, oui.
- Stopper les mots inutiles (
le,de,et) et les suites de chiffres. - Le nommage est un signal, pas une décoration : il pèse en Images, Discover et dans le contexte de la page.
Pourquoi le nommage des images est le signal SEO qu'on oublie
Google ne "voit" pas vos images. Il lit du texte autour. Et le premier texte qu'il rencontre pour une image, c'est son nom de fichier — avant l'alt, avant le titre, avant le contexte de la page.
Quand j'ai commencé à travailler sérieusement le SEO image, je faisais l'erreur classique : je soignais l'alt à la virgule près et je laissais le fichier tel quel. Résultat, mes images ressortaient dans Images sur des requêtes trop larges ("chaussures") et jamais sur des requêtes précises ("chaussures de running homme bleu marine"). Le fichier portait le nom générique, l'alt portait le détail, Google a moyenné le tout.
Ce que Google lit réellement dans un fichier
Le nom du fichier est traité comme un token à part entière. Google découpe sur les tirets, les underscores (mal), les espaces (quand il y en a, ce qui est rare). Chaque fragment est comparé au contenu de la page. Si le fragment de fichier correspond au sujet de la page, le signal se renforce. S'il ne correspond pas, il dilue.
Une image nommée guide-taille-chaussures-running.jpg sur une page qui parle exactement de ça, c'est un signal propre. La même image nommée IMG_9912.jpg sur la même page, c'est un signal zéro. Et zéro, multiplié par 300 images, ça fait un dossier entier qui ne dit rien.
Les règles concrètes pour nommer une image en SEO
Voici ce que j'applique systématiquement, dans cet ordre. Ce ne sont pas des préférences esthétiques, ce sont des contraintes techniques.
Minuscules, tirets, pas d'underscores, pas d'accents
La règle est simple : tout en minuscules, les mots séparés par des tirets (-), jamais par des underscores (_). Google traite chaussures_running comme un seul bloc, pas comme deux mots. C'est un détail que j'ai mis des mois à intégrer, et honnêtement, avant de le vérifier moi-même sur mes propres pages, je pensais que c'était du bruit de forum.
Les accents, on les supprime. é devient e, à devient a. Ce n'est pas joli à lire, mais un nom de fichier avec accents peut être encodé différemment selon le serveur, et Google s'y perd une fois sur trois.
La structure : mot-clé principal + description
Le format qui fonctionne, c'est mot-cle-principal-description-contexte.extension. Pas plus de 5 ou 6 mots. Au-delà, le fichier devient illisible pour un humain et le signal se noie.
Un exemple concret, tiré d'un projet e-commerce de mobilier :
- Avant :
chaise_bois_2024.jpg - Après :
chaise-bois-chene-massif-scandinave.webp
Le second nom contient trois qualificatifs qui correspondent à des recherches réelles. Le premier ne contient qu'un mot exploitable.
Ce qu'il faut bannir
Pas de chiffres seuls (IMG_2043), pas de suffixes de version (-v2, -final, -copie), pas d'empilement de mots-clés (chaussure-running-chaussure-sport-chaussure-homme.jpg). Le bourrage se retourne contre vous. J'ai testé volontairement un fichier saturé de mots-clés sur un blog perso, sans lien avec un projet client : aucune amélioration mesurable, et une baisse de clics Images sur la page concernée sur deux mois. Ça n'a rien prouvé scientifiquement, mais ça m'a suffi pour arrêter.
Nom de fichier vs balise alt : comment les articuler
Voilà le point que la plupart des articles sur le SEO image escamotent, et c'est probablement celui qui a le plus d'impact quand on le maîtrise.
Le nom du fichier décrit ce qu'est l'image dans le contexte de la page. La balise alt décrit ce que l'image montre, pour quelqu'un qui ne la voit pas. Ce ne sont pas deux façons de dire la même chose — ce sont deux fonctions différentes.
Si vous dupliquez exactement le même texte dans le nom de fichier et dans l'alt, vous n'ajoutez pas de signal. Vous le répétez. Google le remarque, et souvent le traite comme de la redondance.
Exemple d'articulation
Prenons une photo de chaussure sur une fiche produit.
- Nom de fichier :
chaussure-running-homme-bleu-marine.webp - Alt : "Chaussure de running pour homme, tige en mesh bleu marine, semelle amortissante"
Le nom de fichier plante le sujet en mots-clés courts. L'alt apporte la description détaillée, celle qui sert aussi à l'accessibilité. Les deux se complètent, ils ne se répètent pas.
J'ai longtemps écrit l'inverse (alt court, fichier long), et le résultat était plat. C'est en inversant que j'ai vu le mouvement.
Le format et le poids comptent autant que le nom
Renommer une image de 3 Mo ne sert à rien si elle continue de plomber la page. Le nom et le format voyagent ensemble.
| Format | Usage recommandé | Impact sur le poids |
|---|---|---|
| WebP | Par défaut sur la plupart des sites modernes | Environ 25 à 35 % plus léger qu'un JPEG équivalent |
| AVIF | Photos complexes, quand le support navigateur est assuré | Gains supplémentaires, mais encodage plus lourd |
| JPEG | Compatibilité maximale, vieux CMS | Le plus lourd à qualité visuelle égale |
| PNG | Logos, transparence, captures d'écran | Très lourd sur des photos |
| SVG | Icônes, illustrations vectorielles | Quasi nul en poids |
Sur un ancien projet, la conversion de 180 photos JPEG en WebP a fait passer le poids total de la page d'accueil de 4,1 Mo à 1,6 Mo. Le nommage était déjà propre, mais le gain de chargement a débloqué le reste : Google Images a commencé à indexer des images qu'il ignorait jusque-là, probablement à cause de temps de réponse trop longs sur ces fichiers.
Franchement, je ne sais pas isoler la part exacte du nommage et celle du poids dans ce résultat. Les deux vont ensemble. Mais je sais que l'un sans l'autre ne suffit pas.
Comment améliorer son référencement image sans tout casser
Renommer des images en production, c'est risqué. Les fichiers déjà indexés, déjà partagés, déjà liés depuis d'autres sites peuvent perdre leur historique si vous les déplacez sans précaution. J'ai fait cette erreur une fois, sur un site de recettes : 90 images renommées en une nuit, aucune redirection, une chute de trafic Images d'environ 40 % en dix jours. Il a fallu trois semaines pour récupérer.
La méthode que j'applique maintenant
- Toujours renommer avant la mise en ligne, jamais après. C'est gratuit, c'est propre, ça ne casse rien.
- Si le fichier est déjà en ligne et qu'il compte, poser une redirection 301 de l'ancienne URL d'image vers la nouvelle. Oui, ça se fait, et ça marche.
- Renommer par lots, mais en surveillant la Search Console sur 7 à 14 jours avant de passer au lot suivant.
- Ne jamais renommer une image liée depuis un site externe sans prévenir personne — c'est le meilleur moyen de créer un lien mort silencieux.
Le rythme compte plus que la méthode. Un fichier renommé proprement vaut mieux que trois cents renommés en catastrophe.
Les erreurs que je vois le plus souvent
Sur les sites que j'audite, les mêmes schémas reviennent. C'est presque toujours l'un de ces quatre :
- Le nom contient le mot "bannière" ou "illustration" au lieu du sujet ("banniere-accueil.jpg" au lieu de "formation-seo-debutant.jpg").
- L'extension est en majuscules (
.JPG) alors que le reste est en minuscules. Ça ne casse rien techniquement, mais c'est un signal de négligence. - Le fichier est nommé en anglais alors que la page est en français, et vice-versa. Le signal de correspondance linguistique est fragile, mais je préfère aligner les deux.
- Le nom est tellement long que l'éditeur tronque son affichage et que personne ne sait plus quel fichier va où. Déjà vécu, jamais agréable.
La règle que je me répète : un nom de fichier doit pouvoir être deviné par quelqu'un qui voit uniquement la page, sans regarder l'image.
Ce qu'il faut retenir au-delà du nommage
Le nommage des images n'est pas une micro-optimisation. C'est la première couche d'un travail plus large où chaque élément textuel autour d'une image — nom de fichier, alt, légende, contexte de la page — participe à un même signal.
Ce qui m'a le plus surpris en pratiquant ce sujet, c'est à quel point la discipline paie sur des sites modestes. Un blog avec 60 articles et des images correctement nommées peut rivaliser avec des sites plus gros sur des requêtes d'images très précises, parce que le signal est propre là où l'autre est dilué.
Alors avant de chercher la prochaine astuce, ouvrez votre dossier d'images. Comptez les IMG_. Si le ratio dépasse les deux tiers, vous avez votre chantier pour la semaine. Et c'est probablement le plus rentable que vous ferez.